La plupart des personnes souffrant de douleurs chroniques présentent une carence en vitamine D
. Le premier article de recherche que nous examinons analyse la corrélation entre la carence en vitamine D et les affections douloureuses chroniques. Il ne s’agit pas seulement de douleurs articulaires et osseuses, mais aussi de douleurs musculaires et d’une multitude d’autres affections.
Quelles ont été les conclusions des chercheurs ? Parmi les patients suisses suivis en rhumatologie, 86 % présentaient une carence en vitamine D. Un quart des patients souffrait d’une carence sévère (inférieure à 25 nmol/l). Les taux de vitamine D étaient encore plus bas chez les patients en rhumatologie que chez ceux souffrant d’ostéoporose ou d’ostéopénie.
C’est chez les patients atteints d’arthrite inflammatoire et de fibromyalgie queles taux de vitamine D étaientles plusbas.
Les statistiques relatives à la carence en vitamine D pour les affections musculo-squelettiques associées à des douleurs chroniques étaient les suivantes :
- maladies articulaires inflammatoires/maladies du tissu conjonctif : 69 %
- rhumatismes des tissus mous, 77 %
- arthrose, 62 %
- douleurs dorsales musculo-squelettiques non spécifiques, 75 %
- ostéoporose, 71 %
Pourquoi une carence en vitamine D aggrave-t-elle la douleur chronique ?
Notre prochain article de recherche analyse comment ce lien entre la carence en vitamine D et la douleur chronique pourrait s'expliquer.
Tout d’abord, il confirme que les personnes présentant de faibles taux de vitamine D ont tendance à souffrir davantage et à consommer des doses plus élevées d’analgésiques, y compris des opioïdes. Des études ont montré que l’administration de compléments en vitamine D aux personnes présentant une carence en vitamine D permettait de réduire les douleurs liées au cancer et les douleurs musculaires. Mais comment cela fonctionne-t-il ?
La vitamine D réduit l’inflammation endiminuant les taux de cytokines et de prostaglandines, les principaux médiateurs de la douleur. De nouvelles recherches suggèrent qu’elle inhibe en particulier la prostaglandine E2, ce qui pourrait expliquer ses effets analgésiques.
À qui cela s'adresse-t-il ? Les personnes présentant des taux de vitamine D très bas (inférieurs à 30 nmol/L) sont les plus susceptibles de tirer profit des compléments alimentaires à base de vitamine D pour réduire la douleur. Les personnes présentant des taux plus élevés (supérieurs à 50 nmol/L) en tirent des bénéfices moins perceptibles.
Comment résoudre le problème avec des compléments alimentaires à base de vitamine D
Le dernier article de recherche que nous examinons résume les résultats obtenus lorsque 1 780 personnes souffrant de douleurs chroniques ont pris des compléments alimentaires à base de vitamine D.
Dans cette méta-analyse, les chercheurs ont examiné 19 essais contrôlés randomisés (ECR) impliquant 3 436 participants. Parmi ceux-ci, 1 780 ont reçu des compléments de vitamine D et 1 656 ont reçu un placebo. Dans 8 essais (impliquant 1 222 participants sous vitamine D et 1 235 sous placebo), les personnes prenant de la vitamine D ont présenté une réduction plus importante de la douleur par rapport au groupe placebo.
Chez des milliers de personnes souffrant de douleurs chroniques, unediminution significativement plus importantedu score de douleura étéobservée avec la supplémentation en vitamine D que chez les personnes ayant reçu un placebo.
La différence entre les scores de douleur était statistiquement significative : une différence moyenne de 57 %. Ces résultats suggèrent fortement qu’une supplémentation en vitamine D pourrait aider les personnes souffrant de douleurs chroniques.
Comment puis-je aider à mon taux de vitamine D ?
Pour aider à votre taux de vitamine D, passez plus de temps au soleil, en particulier en milieu de journée, car votre peau produit de la vitamine D lorsqu’elle est exposée aux rayons UVB.
Visez environ10 à 30 minutes d’exposition au soleilchaquejour, même si vous aurez besoin de plus de temps si vous avez la peau foncée ou en hiver.
Vous pouvez également augmenter votre consommation d’aliments riches en vitamine D, tels que les poissons gras (comme le saumon et le maquereau), les aliments enrichis (comme le lait et les céréales) et les jaunes d’œufs.
Vous pouvez également envisager de prendre un complément de vitamine D, en particulier si votre exposition au soleil est limitée. La dose quotidienne recommandée est de 4 000 UI pour la plupart des adultes.
Autres facteurs susceptibles d’aggraver les douleurs chroniques
La carence en vitamine D n’est pas le seul facteur identifié par les chercheurs comme pouvant aggraver les douleurs chroniques. Si l’une de ces autres situations vous concerne, envisagez de modifier votre mode de vie ou d’en discuter avec votre médecin.
- Faibles taux de vitamines A et C: des taux insuffisants de vitamines A et C peuvent être liés à la douleur chronique.
- Légère carence en sélénium, en zinc ou en flavanols: ces nutriments peuvent également être associés à la douleur chronique.
- Insuffisance pondérale ou surpoids: l’insuffisance pondérale peut être associée à une prévalence accrue de la douleur chronique. Le surpoids ou l’obésité ont également été associés à une prévalence accrue de la douleur chronique. Pour améliorer la prise en charge de la douleur chronique, une alimentation favorisant un indice de masse corporelle (IMC) normal peut s’avérer importante.
- Manque d’activité physique ou exposition insuffisante au soleil :onignore si ces facteurs sont liés, mais les personnes qui font moins d’exercice ou s’exposent moins au soleil sont plus susceptibles de présenter une carence en vitamine D.
- Médicaments: certains médicaments, notamment les anticonvulsivants et les stéroïdes, couramment utilisés pour traiter la douleur chronique, peuvent réduire les taux de vitamine D. Cela peut entraîner un cercle vicieux de dépendance aux analgésiques.
- Maladie hépatique ou rénale: ces affections peuvent réduire la capacité de l’organisme à métaboliser la vitamine D, ce qui peut provoquer ou aggraver une douleur chronique.
